Le roi se meurt

d'Eugène Ionesco

Bérenger est un roi de fantaisie dont le royaume est touché par un drôle de cataclysme. Dans ce pays jusqu’alors florissant, tout se dérègle et meurt lentement, les hommes comme les plantes. Malade, le roi a perdu tout pouvoir sur les êtres et les choses qui disparaissent à mesure qu’il ne peut plus en jouir. L’espace, tel une peau de chagrin, se rétrécit autour de lui d’instant en instant. Signe avant-coureur de la mort, comme dans toute mythologie lorsqu’un héros descend aux Enfers, la Terre, juste avant que la pièce ne commence, a tremblé, fissurant la salle du trône sur les murs de laquelle s’inscrivent les souffrances du roi. Frappés par la même maladie, espaces et corps se confondent et vont s’évanouir ensemble lentement. Le délabrement de la scène, traitée comme un corps malade, visualise à tout instant l’état de santé du roi qui ne cesse d’empirer.

Face à Bérenger qui tantôt, dans une attitude de déni total, refuse de se voir mourir, et tantôt se révolte et crie comme une bête qui sent venir la mort, Ionesco place les deux femmes qui ont partagé sa vie. La reine Marie pour qui sa mort est un déchirement, tente de le rappeler à la vie par la force de son amour, tandis que la reine Marguerite l’aide à couper les liens qui l’attachent à l’existence, à renoncer à tous ses désirs.

Une troupe de théâtre amateur de Lille

Vidéo du spectacle

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